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A Nantes, le mécénat de McDo «dur à digérer»
minot | 26 Dé, 2006, 17:12 | Commerce | (815 Reads)
A Nantes, le mécénat de McDo «dur à digérer»
Libération, 26 déc. 2006
La firme accusée de propager la «mal-bouffe» a financé un hôtel, en face de l'hôpital, pour accueillir les parents d'enfants malades. Polémique.
Socialistes et Verts nantais se divisent sur les bienfaits indirects du fast-food paré d'une aura de mécène. McDo à l'hosto, c'est la charité qui se moque de l'hôpital, protestent les opposants à l'inauguration de la «maison des parents McDonald's» accueillant les familles d'enfants soignés par l'hôpital nantais.

Salons cosy. Il n'y a qu'à traverser la rue. Cet hôtel, inauguré la semaine dernière, soigne d'abord son public : vingt chambres pimpantes à louer dix euros la nuit, cuisine spacieuse, petits salons cosy, jeux pour enfants, accès à l'Internet. Si tout le monde reconnaît l'utilité d'un hébergement des familles auprès d'un enfant malade, le nom du sponsor fait tiquer. «Nous sommes le restaurant de la famille», disent les dirigeants du McDonald's dont la fondation a financé les 2,6 millions d'euros de la construction : «Ce mécénat McDo est dur à digérer, s'insurge Catherine Choquet, adjointe (Verts) à la santé à la mairie de Nantes. Quel message sur la santé si l'hôpital s'associe à ce symbole et premier représentant d'un type d'alimentation lié de près ou de loin à tant de fléaux de ce siècle : obésité, maladies cardio-vasculaires, cancers ? Les élus verts jugent inacceptable que le roi de la mal bouffe se refasse une santé en utilisant une partie, d'ailleurs infime, de ses bénéfices dans ce type d'opération.» PDG de McDonald's France, Jean-Pierre Petit prend la mouche : «Nous faisons évoluer notre gamme et nos produits. Nous prenons les choses très au sérieux. Mais s'il suffisait de supprimer tous les McDo du monde pour régler le problème de l'obésité, ça se saurait. L'obésité est un souci réel de société, mais pas le problème de McDo.»
Eludant la polémique, Fabienne Padovani, adjointe (PS) à la petite enfance et la famille, salue l'aubaine d'un équipement «de service public» qui ne coûte rien aux collectivités locales : «Ce qui compte, c'est le service rendu aux familles. Cela répond à un besoin, c'est l'essentiel.» La communauté urbaine a juste vendu le terrain au centre hospitalier, qui le loue à l'association montée par les franchisés de la multinationale pour gérer le bâtiment. Une salariée, sa directrice, y opère, avec une douzaine de bénévoles. Ancien chef du service chirurgie pédiatrique, aujourd'hui doyen de la fac de médecine, Jean-Michel Rogez prévient : «Rien ne se serait fait sans McDo. Le projet a été torché en quatre ans, c'est magnifique. On peut penser ce qu'on veut, il faut en dire du bien. Et surtout, personne n'oblige les enfants à mal manger.»
Septième maison. Retenu à Paris, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, n'a pas inauguré la structure. Mais dans son discours, il a rendu hommage à ce «lieu de solidarité et de générosité» «un regard qui pétille, un sourire qui s'illumine sont autant d'espoirs qu'on ne peut décevoir». En France, c'est la septième maison de ce type financée par des dons récoltés un jour par an, soit deux euros ponctionnés par big Mac. Histoire de «rendre aux parents une partie de ce qu'ils nous apportent en fréquentant nos restaurants», note Daniel Crolle, franchisé McDo et président de l'association qui gère la maison.
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