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L’art de la folie
minot | 19 Dé, 2006, 14:57 | Culture | (543 Reads)

L’art de la folie

L'europa de décembre/janvier

Une exposition du Musée d’Art Contemporain de Barcelone
remet à la mode l’Outsider Art. Des oeuvres nées de
l’imaginaire de « personnes indemnes de culture artistique ».


« Depuis plusieurs années, on s’occupe d’ateliers dans des centres hospitaliers spécialisés, mais on n’utilise pas le statut d’Outsider Art car on ne cherche ni à faire de l’art, ni à être outsiders ».
Cette phrase de Jorge Ribalta, du Musée d’Art Contemporain de Barcelone (MACBA), contient deux idées essentielles pour comprendre ce qu’a été et ce qu’est de nos jours, l’Outsider Art.


Le concept d’Outsider Art vient de la traduction anglaise de l’Art brut inventé
par le peintre français Jean Dubuffet en 1945. Ce terme désigne une forme d’art complètement spontanée, sans démarche intellectuelle ni référence artistique. Dubuffet, influencé par le livre Artistry of the Mentally Ill, du psychiatre allemand Hans Prinzhorn, a observé la production des non-professionnels de l’art ou des pensionnaires d’asile psychiatrique. Effet de mode L’art a tendance à se convertir en produit
de consommation. La valeur artistique des oeuvres devient secondaire. L’appellation outsider se transforme en argument marketing. Pour parer à cette tendance, le MACBA rechigne à présenter des expositions
clairement étiquetées « outsider ». « Cette catégorie ne nous intéresse pas et nous ne l’utilisons pas non plus », confi rme Jorge Ribalta. Le MACBA a néanmoins présenté la collection Prinzhorn en 2001. La Maison d’Amérique a exposé il y a quelques mois « Des nouveaux horizons
dans l’Art Outsider hispanophone », avec des oeuvres d’artistes de Cuba, du Chili ou de Mexico ayant des « problèmes psychiques ». En Espagne les expositions d’Outsider Art « authentique » sont rares. D’autant que les principales collections, en plus de celle de Prinzhorn - qui se trouve dans l’hôpital psychiatrique de Heidelberg en Allemagne - sont en Belgique, en Suisse ou aux Etats-Unis. La troisième édition du
Raw Art Festival, qui a eu lieu à Valence en octobre dernier, a exposé des oeuvres de 25 artistes alternatifs du monde entier. Mais aucun d’entre eux ne remplissait les conditions d’outsider qu’avait proposé
Dubuffet. Pour son commissaire, Piers Midwinter, « n’importe qui, quelque soit son éducation, sa classe sociale, son état mental ou sa religion, est capable de créer une oeuvre de qualité de Raw Art ». D’ailleurs, il est de plus en plus diffi cile de trouver d’authentiques artistes outsider

Vous êtes artistes, personne ne vous expose,vous n'avez pas un rond, faites vous interner !

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