
Le «Collectif des déboulonneurs» est né en novembre 2005. Depuis, ces militants antipub se réunissent le dernier vendredi de chaque mois et se lancent à l’assaut de panneaux et affiches dont ils ne supportent plus l’omniprésence dans leur environnement. La cible de ce 28 octobre était le «barbouillage» de panneaux publicitaires devant la gare d’Austerlitz à Paris. C’est à cet endroit que les sept prévenus ont été interpellés.
En juin dernier, Laure, une des militantes du groupe racontait dans Libération que lorsque les policiers débarquaient, les «déboulonneurs» tendaient toujours leurs papiers d’identité et leurs poignets. David Sterboul, membre du collectif parisien expliquait alors que leur objectif était de se faire prendre, aller – si possible – jusqu’au procès pour «porter le débat sur la place publique». Mission accomplie pour les sept «déboulonneurs» qui se retrouvent au tribunal correctionnel de Paris.
Lors d’une conférence de presse, mardi, les sept prévenus qui ont fait part de leur intention de poursuivre leurs opérations de «barbouillage». Il s’agit de Claude Got, professeur de santé publique, de Jean-François Pellissier, adjoint au maire du XIIIe arrondissement de Paris, et de Maurice Pergnier, linguiste. Pour les défendre, ils ont fait appel à un «grand spécialiste en tant qu’avocat de la désobéissance civile», François Roux qui est aussi défenseur des «faucheurs, de José Bové».
Les sept prévenus encourent une peine de cinq ans d’emprisonnement assorti d’une amende de 75.000 euros. Alexandre Baret, membre du collectif était relativement confiant avant le procès. Il confiait mardi : «Il y a de fortes chances que les faits soient requalifiés en dégradation légère, donc il y a peu de chances que nous écopions de telles peines.» En septembre 2006, des militants antipub lyonnais poursuivis pour les mêmes raisons avaient été condamnés à 800 euros d’amende, dont 600 avec sursis. Car le mouvement n’est pas seulement centré sur Paris. On retrouve des «barbouilleurs» entre autres à Lille, Montpellier, Rouen.
Les «déboulonneurs» ont un but : une refonte de la loi de 1979 sur la publicité, qu’ils jugent inopérante pour protéger le citoyen des assauts publicitaires permanents. Ils revendiquent également la limitation des affiches publicitaires au format 50 X 70 cm, soit la taille de l’affichage associatif. «Nous demandons que la liberté de non-réception soit reconnue, explique Alexandre Baret. Nous nous battons pour que l’espace public ne soit plus concédé à des opérateurs privés, que la privation de l’espace public cesse».
L'audience a débuté vendredi à 9 heures au tribunal correctionnel de Paris. Les antipub ont également prévu des festivités dans la journée. A partir de 13 heures (heure indicative en fonction de la durée du procès), un repas collectif est organisé dans le XIe arrondissement. Et une projection-débat sur la lutte antipublicitaire est prévue à 18 h 30 dans le même arrondissement.
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